Animal & Cie du 25 au 28 juillet 2019


Pour sa deuxième saison, le festival Cinoche et Bidoche s’invite dans l’intimité d’une relation plusieurs fois millénaire : celle qui unit l’homme et ces autres animaux que l’on dit domestiques. Ils travaillent pour nous ou avec nous, nous accompagnent, nous nourrissent ; ils veillent sur nous, comme nous veillons sur eux : animaux de compagnie, animaux de rente, ils ont passé le seuil de nos demeures, vivent sous notre regard – à moins que nous ne vivions sous le leur… et nous partageons désormais le même territoire.

“Animal & Cie”, édition de l’été 2019, vous propose de découvrir le regard des cinéastes sur les animaux qui partagent nos vies : comédies grinçantes ou romantiques, grande fresque épique, documentaires témoins d’une réalité disparue ou contemporaine nous montreront comment s’invente la domestication ; chien ou chat, ânes ou chevaux, oiseaux en cage ou chimpanzé en appartement…

Quel miroir nous tendent ces compagnons de nos vies ? Pouvons-nous les utiliser comme des objets inanimés ? Jusqu’où pouvons- nous imaginer leur expérience du sensible ? Que nous disent-ils des individus et des sociétés ?

Historiens et juristes nous aideront à réfléchir à ces questions : nous accueillons cette année Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit à la faculté de Limoges et Jacques Leroy, professeur de droit à l’université d’Orléans, ainsi que Pierre Serna, professeur d’histoire de la Révolution française à l’université de Paris I-Panthéon -Sorbonne. Nous recevrons aussi Jean-Philippe Artigue, médiateur animal, et Guilhem Devèze, directeur de l’école d’équitation d’Aurillac, avec lesquels nous évoquerons l’importance et la variété du lien qui peut s’élaborer entre l’homme et l’animal.

Livres et discussions en musique lors des apéros lecture nourriront aussi nos échanges. Et bien sûr, nos projections en plein air ajouteront la magie des images aux soirées du festival ! Et pour nourrir et désaltérer les festivaliers, nous proposons cette année des cakes sucrés et salés, des crêpes et des boissons, dans notre guinguette, installée juste à côté de la librairie nomade, dans la cour de l’école.

Les trois jours du festival s’ouvriront par une soirée inaugurale le jeudi 25 juillet ; nous diffuserons le documentaire d’Olivier Dickinson « Un lien qui nous élève », en présence du réalisateur : le lien dont il est question ici est celui qui unit l’éleveur aux animaux dont il a la charge, choisissant de mettre l’accent sur des professionnels qui tentent d’échapper à un mode de production industriel.

Le vendredi il sera question de la domestication envisagée comme exploitation. « Animal & Cie » développera ensuite sa thématique autour de l’animal domestique, déclinée de manière spécifique pour chaque journée. Cochon qui s’en dédit montre les débuts de l’élevage intensif de porc en Bretagne dans une perspective documentaire qui intègre une dimension surréaliste collant au plus près des angoisses du couple de jeunes éleveurs au centre du film. Peau-d’Âne de J. Demy et The Misfits de J. Huston montrent également par la voie de la fiction l’exploitation dont sont victimes les animaux : mustangs capturés pour être transformés en nourriture pour chiens, ou jeune fille réduite en quasi-esclavage, souillon de ferme sous une dépouille de bête à laquelle on l’identifie.

Le samedi sera consacré à la domestication entendue comme « dressage », pliage de l’animal aux besoins humains et réciproquement : la valeur symbolique de l’animal de compagnie dans Le Chat, de P. Ganier- Deferre évoque ainsi cette identification de l’homme à son animal qui prend en charge la violence des sentiments dans un couple qui se déchire (J. Gabin et S. Signoret à leur meilleur). White Dog de S. Fuller et Mustang de L. de Clermont-Tonerre montreront quant à eux les usages que l’on peut faire du dressage pour le meilleur et pour le pire.

Le dimanche nous permettra de creuser les ambiguïtés et les ambivalences contenues dans la notion d’animal de compagnie ; Max mon amour, le film de N. Oshima, explore avec une ironie sophistiquée les relations tissées par Charlotte Rampling avec son chimpanzé. Au Hasard Balthazar, R. Bresson écrit sous forme de fable cinématographique la biographie de Balthazar, âne passant de maître en maître et de malheur en malheur. Les Temps modernes clôtureront ce parcours entre homme et animal sur une vision cocasse et profonde d’une humanité tentant d’échapper à la domestication par la machine.