On va commencer par le principal : Mohammad Rasoulof ne dit avec La Graine du Figuier Sauvage rien qu’on ne sache pas déjà. Oui, ce genre de régime ultra patriarcal repose principalement – et sans que cela ne surprenne personne – sur les femmes. Elles sont le piston, la soupape de sécurité du système, sans laquelle tout s’effondre. Ce propos, on le retrouvait déjà dans Leila et ses Frères et il était mis en scène, on va couper immédiatement au suspens, avec plus de maestria je trouve.

Cela étant dit, il y a au cœur du film de Rasoulof quelque chose d’assez précieux, un dispositif qui donne au film sa puissance, par sa simplicité et son apparente naïveté. Je veux parler bien entendu de la métaphore qui réduit l’Iran a une cellule familiale et qui transforme le foyer en un concentré de tout ce qui ne va pas avec la loi à laquelle le pays est soumis et dont Iman se fait le porte voix en répétant Je me soumets à celui qui se soumets à toi, et je combats celui qui te combat.
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