• Inside Man – Started from the bottom, now we here

    I’m no martyr. I did it for the money. But it’s not worth much if you can’t face yourself in the mirror. Respect is the ultimate currency.

    La définition marquée par le CNC des films de répertoire est : les films de 20 ans ou plus. Cette année 2026 marque donc l’entrée des films sortis en 2006 dans ce que l’on appelle aussi le « patrimoine ». Et je m’en réjouis parce qu’il se trouve qu’en 2006, j’étais étudiant en droit à Paris doté d’une carte de cinéma illimité – une Gaumont puisque vous devez tout savoir – et que je passais ma vie au Gaumont Parnasse, depuis disparu hélas. Et j’aime autant vous dire que si je n’ai pris aucun plaisir à tenter de devenir juriste, j’en ai en revanche pris énormément à voir à peu près tout ce que je pouvais.

    C’est donc avec un plaisir non dissimulé que j’ai lancé, le jour anniversaire du 11 septembre, le 17ème long-métrage de Spike Lee et qu’au moment où ont résonné les premières notes de Chaiyya Chaiyya dans mon casque audio, j’ai pris mon pied je vais pas vous mentir.

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  • One Night Only – Calmez vos ardeurs

    I really thought this whole thing was gonna ruin sex for me. They kind of did. But at the same time, it gave it new meaning. Who do you choose to be with for this one night? Choice itself is romantic. Maybe the fascists were right about this one.

    Je pense qu’on traverse une période vraiment très très étrange dans le cinéma, et pas uniquement du côté des artistes et des œuvres mais aussi du côté du public. Bien sûr, l’un est inévitablement lié à l’autre puisque’à mesure que l’on s’enfonce dans une crise de la création – c’est-à-dire à mesure que les productions sont de moins en moins du « cinéma » et de plus en plus du « contenu » – nous, le public, semblons perdre un peu nos repères et avons de plus en plus de mal à réfléchir à une manière pertinente de juger ce que l’on va voir en salle.

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  • Ocean’s Twelve – Over the rainbow

    This might not be the perfect time or whatever to talk about it but I’ve been doing my homework and I’d really like to play a more central role this time around.

    Complètement désarçonné au premier visionnage lors de sa sortie, je reviens régulièrement voir ce film qui faisait à mon sens figure d’OVNI dans le paysage cinématographique des années 2000. 

    Cette fois-ci, le film m’a semblé beaucoup plus clair qu’il ne l’était dans mon souvenir pour deux raisons. La première, c’est que nous avons maintenant près de 20 ans de distance par rapport au film, et qu’on a donc un contexte industriel et culturel pour l’accompagner qui nous permet de mieux comprendre la démarche de Soderbergh et de ses scénaristes. La deuxième, c’est que j’ai vieilli, mais je n’ai pas tellement envie de parler de ça. Restons sur la première raison. 

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  • The Drama – Pose ton gun

    Just a weird, little freak. Weird, little British freak.

    Film pas tellement intéressé par sa mise en scène que par la conversation qu’il va générer. Mais cette conversation, quelle est-elle ?

    Kristoffer Borgli prend un malin plaisir, en révélant la « pire crasse » d’Emma, à lancer une série d’interrogations qui portent sur l’Occident en général et les USA en particulier un regard cru, celui d’un étranger (Kristoffer Brogli est né à Oslo et rentre à ce titre dans la tradition de ces réalisateurs qui travaillent aux USA et gardent un regard relativement frais et différent), c’est-à-dire un outsider qui tente de considérer cette société profondément malade.

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  • Miami Vice – Repousser la limite

    So, fabricated identity and what’s really up collapses into one frame. You ready for that on this one?

    I absolutely am not.

    Je me souviens parfaitement de mon expectative à l’entrée en salle au Gaumont Parnasse en 2006 et encore plus de ma déception immense en sortant de la salle. Après Heat, film de chevet par excellence à cette époque – et film vu, revu et à revoir encore le plus possible à mon avis – après Collateral et le plaisir de découvrir Mann en salle deux ans plus tôt, je ne comprenais absolument pas ce cinéaste et ne comprenait pas non plus son film.

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  • Dossier 137 – Juge et Partie

    T’étais bien content que je rentre à l’IGPN pour avoir des horaires fixes et pouvoir m’occuper de notre fils. Moi aussi j’aimais ça les stups.

    Au bout d’une vingtaine de minutes confortablement installé dans la salle 16 de l’UGC Ciné Cité Gambetta de Bordeaux, je prends conscience d’une chose : Léa Drucker n’a toujours pas vu – et selon toute vraisemblance, ne rencontrera pas – les véritables responsables des actions policières répréhensibles qui sont au cœur du récit de Dominik Moll. Son film est horizontal et le restera.

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  • Here – Encadrer la vie

    Time just went.

    Je lis les retours et je crois que je comprends parfaitement le rebut qu’ont pu ressentir certain-e-s en voyant Here. Ça peut paraître niais, ça peut sembler forcé… Néanmoins je crois que voir le film de Zemeckis sans penser le cinéma de Zemeckis dans son ensemble, c’est commettre une erreur. 

    Parce que le réalisateur n’a cessé au long de sa carrière, de réfléchir à comment renouveler le media cinéma et comment, au travers d’innovation, repenser la narration. Il y a donc l’histoire – somme toute assez voire très banale – de la famille de Tom Hanks et puis il y la contrainte – plan fixe – que Zemeckis s’impose et enfin, il y a la technique – <i>deaging</i> mais aussi cadres dans le cadre – qu’il veut explorer pour lier tout ça. Et la clef de lecture du film se trouve quelque part là-dedans, sans que je sache je l’avoue, vraiment où. 

    Cela ne m’empêche pas de spéculer et je ne peux m’empêcher de noter deux choses. 

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  • Garde à Vue – Caché à la vue de tous-tes

    Ma femme ne m’attend pas.

    Il y a 15 ans de ça, quand j’étais étudiant en master de communication, un professeur nous avait demandé de produire un rapport sur des échanges entre les personnages d’une œuvre, idéalement cinématographique, en nous basant sur les profils imaginés par Eric Bern dans sa théorie de l’analyse transactionnelle. 

    C’est très flou dans ma mémoire parce que comme chacun sait, on n’apprend rien de ses études si ce n’est à apprendre précisément, mais ce dont je me souviens très bien, c’est que j’avais choisi d’analyser Garde À Vue

    Près de 15 ans plus tard, me voilà donc à revoir ce chef d’œuvre et à tenter d’y lire quelque chose de plus qu’il y a 15 ans, de voir ce qui aurait pu m’échapper. Pour commencer, il y aurait aussi beaucoup à dire sur ce commissariat où les interrogatoires se mènent au troisième étage pendant qu’à la Préfecture, située en face, se tient au rez-de-chaussée la réception annuel de Monsieur le Préfet. Dans un fonctionnement contre intuitif, les suspects surplombent donc les notables et Gallien doit « redescendre » pour prendre ses ordres de son supérieur. Cela donne lieu à une scène particulièrement cocasse de tentative d’évasion de Martinaud, rapidement avortée alors que celui-ci tente de rejoindre les toîts en passant par une – sublime et terriblement cinématographique – verrière avant d’être arrêté par un policier surgissant d’au-dessus de lui (!!!). Lorsque Martinaud, une fois sa supercherie mise à jour, pourra rejoindre le niveau zéro, rien ne sera plus jamais comme avant. 

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  • The Thomas Crown Affair (1999) – It’s lonely at the top

    Do you really think there’s happy ever after for people like us?

    Le remake de The Thomas Crown Affair n’est pas sérieux. Et donc en tant que tel, il doit être pris très sérieusement. À ce titre, la toute première scène contient, comme c’est souvent le cas chez les très grands cinéastes, un certain nombre d’informations censées nous éclairer sur ce que le film raconte, ce que McTiernan cherche à nous dire. 

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  • Valeur Sentimentale – Soigner le trauma

    Jusqu’à ce que vous rendiez l’inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous l’appellerez le destin.

    Carl Jung

    Il y a un mot qui définit fantastiquement bien ce dont Joachim Trier traite dans son dernier film Valeur Sentimentale : trauma. Un mot galvaudé ces dernières années et qui constitue probablement un premier obstacle à la compréhension et surtout à l’acceptation d’une part critique et publique de ce que le réalisateur norvégien tente de faire dans son long-métrage.

    Le deuxième obstacle, c’est bien entendu le milieu bourgeois que Trier choisit, probablement parce qu’il le connaît bien, pour ancrer son histoire. C’est donc naturellement qu’on a vu fleurir ici ou là des accusations de cinéma bourgeois, un peu comme celle qui étaient venues amoindrir la réussite pourtant éclatante de son précédent film : Julie en Douze Chaptires.

    Enfin le troisième obstacle est un crime de lèse majesté dont peu de cinéastes peuvent se targuer de s’être relevé-e-s et qui a pourtant touché de très grands films. Valeur Sentimentale est un film sur le cinéma. Un film méta.

    Pourtant, comme je l’ai dit plus haut, il ne me semble qu’aucune des ces caractéristiques qui semblent embêter beaucoup de monde ne soient vraiment ni intéressantes, ni importantes. Car le film parle d’autre chose en somme, il parle de l’héritage.

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